Kézako?

              Par ce projet, nous aimerions conscientiser les habitants de notre planète sur l'importance de la préservation des langues minorisées dans le monde, cette préservation constituant un facteur déterminant dans la conservation de l'identité culturelle. Des rencontres sont envisagées en Amazonie et l'équipe d'Amerikastola s'intéressera alors et s'interrogera sur les moyens éducatifs mis en oeuvre en vue de cette préservation ( présence ou pas d'une éducation bilingue adaptée dans ces territoires), le but étant dans l'avenir d'encourager/maintenir/améliorer une éducation multilingue.

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    Le site est en construction!

Mardi 26 septembre 2006

CALENDRIER DES EXPOSITIONS:

 

-        Du 31 Octobre 2006 au 10 Novembre : Méditahèque d’Hendaye ( soirée débat le 10 Novembre à 21h) 

-    Du 11 Novembre au 18 Novembre: Hasparren, Xuriatea ( exposition dans le magasin à côté, puis soirée débat le 17 Novembre à 21h, à l'arrière du bar).

                      -        Du 22 Novembre 2006 au 30 Novembre: Strasbourg,

                      université d’ethnologie.  

               -        Du 5 Décembre 2006 au 4 janvier 2006 : Bayonne,                         bibliothèque. Soirée à la Fondation Manu Robles Arandia,      Cordeliers 20, le samedi 16 Décembre, à 15h.

                     -  Du 4 Janvier au 27 janvier 2006: Biarritz, médiathèque 

                        (soirée  débat le 17 Janvier).    ,

                     - Février: Mauléon?

                     - Mars: Anglet, médiathèque.

 

 

 

 

                                             

 

 

 

                                                

 

 

 

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Mercredi 14 juin 2006

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Samedi 3 juin 2006

 Carte Guyane

 

Termperature moyenne : 28 degres

 

 

ON A AIME:    état sauvage de la Guyane, forêts primaires, nature,  population réduite et villes réduites, pollution cuasi absente, immersion dans le monde amérindien, accueil, vues d’avion, diversité de population, petit été de mars qui a duré jusqu’à fin avril...   

 

 

ON A PAS AIME : maladies tropicales (dengue virulente), climat d’insécurité : le farwest guyanais, réseau de transport (bus, pirogues..), budget inadapté, orpaillage, mercure dans les fleuves.

 Nourriture : bonne. Très bons poissons (acoupa, machoiron, aymara. Bonne variété de légumes et fruits : bons maracudjas, patates douces…

 

Budget :   budget très cher, trop cher. Le plus cher de l’Amérique du Sud bien sûr.

 

 

 

Bilan voyage :            Nuits en hamac : 12

                                    Heures de voiture :17 h

                                    Heures avion : 1h 30

                                    Heures de pirogue : 22 h 30

 

 

Bilan éducation/ langues autochtones
par amerikastolafr publié dans : Carnets de route: Guyane Francaise (22/03-05/05)
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Samedi 3 juin 2006

Camopi : Des jeunes motives et non pas des casseurs....(3 mai , Camopi)

 

Un article paru recemment, fin avril, sur France Guyane evoque des actions violentes a l’encontre du materiel de la mairie de Camopi. Des jeunes du village de Camopi auraient en effet detruit et incendie une annexe de la mairie.

 

 

Il s’ avere, apres discussions sur place, que des jeunes du village ont en effet demonte un carbet communal pour protester contre le manque d activites dans la commune.

 

Les jeunes s’ ennuient et veulent que cela change. Ils sont motives et ont fait plusieurs propositions durant la reunion du 3 Mai dernier : les jeunes souhaiteraient :

 

-          une commune propre. Ils voudraient que els ordures soient ramassees tous les jours et  proposent en outre une initiative de recyclage : le ramassage de canettes par eux-memes et la revente de ces dernieres au Bresil au benefice de l’ association Amecam (Les Amis de l’Ecole de Camopi).

 

-         la mise en place de rotations aeriennes regulieres entre Camopi et Cayenne . Il faut en effet souligner que le trajet de Cayenne a Camopi est tres aleatoire et base sur l’ hypothetique affretement d’une pirogue, de clandestins garimpeiros bresiliens bien souvent,  a St Georges ou Saut Maripa. Il faut compter alors 5 h de  trajet en pirogue en moyenne pour rejoindre Camopi.

 

-         Une meilleure surveillance des pirogues et de leur moteur (surveillance geree par la gendarmerie ou autre)

 

-         Un local type carbet traditionnel ou maison des associations ( il existait un local mais celui ci a ete cede par la mairie a l’eveche, pour un euro symbolique)

 

-         Une ecole de musique et de danse

 

-         Des classes supplementaires a l’ecole de Camopi.

 

-         La mise en place d’un carbet d’accueil pour les gens de Trois Sauts, en transit vers Saint Georges (ainsi qu’une pension et une cantine pour les enfants de Trois Sauts) .

 

-         Un terrain de basket, et des agrements sportifs.

 

-         L’organisation de soirees a Camopi.  

 

 

Il faut souligner qu’ a ce jour les jeunes :

 

-         gerent seuls l’entretien du terrain de football

 

-         ont assure, tous les soirs, l’animation pendant la semaine du Carnaval : plusieurs parades, concerts. Aucun debordement a signaler.

 

-         Ont organise un tournoi de football a la Toussaint 2005.

 

 

 

 

L’association AMECAM (Les Amis de l’Ecole de Camopi) 4 Mai, Camopi

 

 

        L’association a ete creee en 1999 par Bernard Ruff (instituteur a Camopi), Roger Thevenaut, Ludovic Delepine.

 

Son but etait de pallier aux difficultes d’equipement du college CNED ( livres, materiel...). Les premieres initiatives ont donc ete la mise en place d’une salle video, et d’une bibliotheque avec mise a disposition de materiel divers et livres.

 

 

       Aujourd’hui, en 2006, l’association continue et est mise en activite par les professeurs qui rentrent au college.  Il y a eu des changements importants en 2005, ce qui se repercute de fait sur les activites de l’association. En effet, depuis mai 2005, le CNED ne fonctionne plus au college, c’est alors un college plus independant qui est mis en place avec de vrais professerus en relation permanente avec le college de st Georges ( Le college de Camopi devient une antenne de St Georges).  Fin 2005, en novembre,  une reunion cop de poing constatant le manque d’activites aboutit sur un changement de presidence. Guillaume Fabbri est le nouveau president (profeseur au college), Daniel est le secretaire ( instituteur kalina de l’ecole) et Carlin est le tresorier (professeur au college).  Il est alors decide que deviennent membres de l’association ceux qui le souhaitent et que ceux ci souscrivent  une legere cotisation. L’association compte aujourdhui 52 membres.

 

 

       Debut Janvier 2006 est le moment de poser des demandes de subvention. Celles-ci reposent principalement  sur des projets demandes par les eleves :

 

-         organisation de cours de langue teko et  langue wayampi au college ( apprentissage de l‘ecrit), ces cours auront lieu l’apres midi et les professeurs seront payes par l’association.    

 

-         Projection cinema, en grand ecran, en plein air avec un video projecteur a Camopi, dans les ecarts de Camopi ainsi qu’ a Trois Sauts.

 

-         Realisation d’un court metrage par les eleves avec comme acteurs les habitants du village. Le film serait en langue teko et wayampi, sous titre en francais.

 

-         Poursuite de l’obsevation des etoiles a l’aide d’un telescope performant en saison seche (celui ci serait le deuxieme telescope)

 

-         Club Internet pour former a la communication

 

-         Ateliers chants et danses traditionels

 

-         Voyage scolaire en metropole

 

-         Cours de musique pendant les vacances

 

-         Construction d’un grand carbet

 

-         Projet recyclage du village

 

-         Assurer le transport vers des manifestations sportives et culturelles qui ont lieu a st Georges ou Cayenne ( cross d’Octobre, football, volley)

 

 

 

A ce jour, l’association AMECAM a realise les actions suivantes :

 

- Atelier video tous les jeudis, geres par les jeunes ( choix des films, fabrication d’affiches et gestion de l’ouverture et fermeture de la salle)

 

- Activite informatique 2h par semaine le mercredi encadre par 5 jeunes et 2 adultes: une semaine sur deux : approfondissement Word, traitement de texte ; une semaine sur deux : jeux video

 

- Activites, cours de danse : le vendredi : une semaine sur deux : 2h de Hip hop Reggae (professeur : un eleve de 18 ans). Une semaine sur deux : 1h de Brega donnee par les professeurs Carlin et Anne, et 1h de Salsa donnee par l’instituteur Liderson.

 

- Le Ping Pong le mercredi.

 

- La Bibliotheque associative pour tout le village : pret de livres, DVD, coin pour les petits. Ouverte a present 2h par semaine car gere par 1 adulte et 1 jeune.

 

 

Les projets imminents :

 

-         tir a l’arc

 

-         cours de danses ouverst aux jeunes en dehors  du village : capoeira, brega, hip hop.

 

-         Cours du soir pour adultes : code de la route, cuisine, cours de langue autochtone a l’ecrit, mathematiques.

 

-         Atelier video public, ouvert aux jeunes en dehors du college.          

 

 

 

Contact : Guillaume et Betty Fabbri : gbfabbri@hotmail.com

 

 

 

Il existe aussi une autre association, de football, celle ci geree par les jeunes de Camopi : US Camopi. Le president est un jeune du village : Thierry.

 

 

 

Les cours a l’ecole de Camopi (Mai, Camopi)

 

 

Que ce soit a l’ecole ou au college, les cours ont lieu le matin de 7.30 a 12.30 ( jusqu’a 13.00 au college). Climat oblige !!! (il fait terriblement chaud et humide a Camopi)

 

 

Le mercredi 3 Mai : Avec les CE2  (Institutrice : Laurence Piron, 30 eleves)

 

 

Auxilia est la mediatrice bilingue Teko a l’ecole de Camopi.  Alors que Laurence  s’occupe de mathematiques et d’ecriture avec la plupart des CE2 (20 eleves), Auxilia prend a part un groupe de 10 eleves, qui sont tous Teko. Ensemble, ils travaillent en langue teko sur un personnage cree par les eleves : Pako. Echanges d’idees.

 

La classe de CE2 gere par Laurence s’organise en 3 groupes de niveau s’echelonnant entre niveau CP et CE1. Les enfants ont tous comme langue maternelle le teko ou le wayampi. Travaillant depuis 7 ans a Camopi, Laurence parle ces deux langues et arrive donc a gerer les petits problemes de comprehension mais il reste evident pour elle que l’absence de cours en langue maternelle est aberrant. La participaion d’Auxilia est interessante mais afin d’etre efficace, elle devrait etre presente a chaque cours, ce qui a l’heure actuelle, est loin d’etre le cas.

 

Auxilia est presente en CE2 trois heures par semaine.

 

 

Le jeudi 4 Mai : Avec les CE2  ( Institutrice : Laurence Piron, 30 eleves)

 

 

Karl est le mediateur bilingue Wayampi a l’ecole de Camopi.  Alors que Laurence travaille avec la majorite des eleves les sons ION, CH, ON ; Karl, dans la meme classe, travaille en langue wayampi avec 5 eleves  un texte francais parlant de la tortue luth. Ceux ci sont de niveau assez faible et cette aide type traduction donnee par Karl permet aux eleves une meilleure comprehension du texte.

 

Laurence reproche quelque peu le manque d’independance du travail des mediateurs bilingues. Hier aussi, c’est a la demande de Laurence qu’Auxilia a realise le travail particulier en langue teko. Puis au cours suivant, avec les CM1 de Daniel, cela s’est repete, rien n’ayant ete demande par l’instituteur, Auxilia n’a rien fait de precis avec les eleves. .  

 

La presence de Karl est neanmoins indispensable, principalement en mathematiques. Mais comme avec Auxilia, present uniquement durant trois heures, o ne peut pas faire grand chose.

 

Il est evident qu’il faudrait un mediateur bilingue par classe, present durant chaque cours.

 

 

Pour Laurence, en ce moment, on fait les choses a l‘envers : on enseigne la langue maternelle aux enfants apres avoir appris le francais . Il faudrait en fait faire l’inverse : un CP en langue maternelle pour aprendre a lire en langue maternelle, puis un CP en francais. Ce processus permettrait sans doute d’eviter l’accumulation des retards. En outre, les retards ou le niveau insuffisant des eleves s’explique par un fort taux d’absenteisme des enfants. Ceux -ci ne viennent pas si les parents n’ont plus d’essence pour la pirogue ou bien encore en periode de travail a l‘abattis, il arrive que les enfants accompagnant leurs parents ne viennent pas pendant 3 semaines...3 semaines durant lesquelles on loupe un son, deux sons, trois sons…retard inrattrapable…

 

 

Jeudi 4 Mai : College de Camopi : classe de Betty

 

 

Betty encadre une classe ou se trouvent ensemble 3 troisiemes et 7 cinquiemes.

 

Meme si cela parait complique, c’est deja un grand pas car jusqu’a 2005 les eleves suivaient les cours inadaptes du CNED sans veritable cours. Depuis 2005, Camopi a sa propre antenne collegiale et recoit les cours de St Georges que Betty et l’equipe du college transmettent.

 

Le projet du college pour l’annee prochaine est de donner un cours de langue et culture teko et wayampi.

 

Lorsque nous nous sommes rendues au college, nous nous sommes presentees et avons presente le Pays Basque et sa specificite culturelle et linguistique. Nous avons egalement parle de notre voyage et des diverses rencontres avec les autres amerindiens des autres pays. Les eleves ont ete tres curieux sur nos rencontres avec les autres amerindiens, puis ils nous ont demande de leur traduire les mots de base en basque.

 

 

Bonjour ! =                  Wate !           en wayampi

 

                                     Tawinpo !     en teko

 

 

     Pour en savoir plus sur la vie a Camopi, visitez le site de Betty et Guillaume : http://adamond.multimania.com et lisez la rubrique concernant la Guyane , en 2005.

 

 

 

 

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Samedi 3 juin 2006

                                 Le souhaitez-vous ?

 

            Lorsqu’on parle du mouvement des Ikastolas au Pays Basque et d’un enseignement de qualité en langue basque, les mêmes interrogations surgissent  sans cesse ( avec la directrice de l’école d’ Awala, de Antécume Pata, avec André Cognat, avec le directeur de l’école de Talwenn, les professeurs de Camopi..) : « Et la langue espagnole/française ? Est-ce que les enfants maîtrisent les deux langues ?  » En nous voyant et en expliquant nos expériences mutuelles, ils sont bien obligés de constater la réalité suivante : le système mis en place par les ikastolas (immersion) permet et amène à un bilinguisme équilibré et harmonieux.    Mais à quel public s’adresse ce  système : à des enfants bascophones (baignant donc dans un environnement essentiellement bascophone) ou à des enfants souhaitant apprendre le basque ?  Nous leur expliquons donc que ce système était destiné à la base à des enfants bascophones mais qu’aujourd’hui il fonctionne aussi bien pour des enfants qui ne parlent pas basque à la maison.  Le résultat est le même (le système immersif souhaite cela du moins) : avoir des jeunes parfaitement bilingues.

 

 

        Il est clair dans nos têtes que le modèle appliqué au Pays Basque est nullement superposable en Guyane Française surtout du fait que la situation et l’environnement linguistique sont très différents. C’est d’ailleurs ce que nous a souligné Evelyne Périgny, directrice d’Awala Yalimapo: “ Alors qu’au Pays Basque vous êtes face à une situation de bilinguisme bien définie (basque/espagnol ou basque/français); ici, en Guyane Française, c’est beaucoup plus complexe: vous avez les différents groupes amérindiens, les Noirs-Marrons, les chinois, les Hmongs, les Surinamais, les Brésiliens, les Haîtiens..  et chaque groupe avec sa propre langue maternelle. De plus, comment maîtriser ou devenir bilingue français avec seulement une heure de français par jour en classe lorsqu’ à la maison, dans le village on n’utilise que la langue maternelle autochtone?  Comment y arriver avec si peu d’heures dans un contexte où le français est tres peu présent?” Si le but est le bilinguisme, on peut comprendre que ce soit difficile.

 

 

            Il est vrai qu’au Pays Basque on a sans arrêt accés à la langue étrangère, qu’elle soit espagnole ou française, et la langue n’est de fait pas si étrangère que cela à l’enfant. Lorsqu’il commence à l’apprendre (7-8 ans), il la déjà entendue et en connaît donc déjà quelques rudiments. Ce cas est vrai dans le cas où l’enfant est dans un environnement bascophone. Et dans le cas où l’ enfant pratique la langue étrangère à la maison, le système immersif, précoce,  lui permet d’acquérir sans problème la langue autochtone, en l’occurrence le basque. Voilà comment dans les deux cas l’enfant devient parfaitement bilingue.  Chose vérifiée aujourdh’ui avec le boom de l’émigration et ces enfants étrangers qui s’inscrivent dans les ikastolas, et qui très vite acquièrent la langue basque bien qu’ils soient en contact avec encore une autre langue ( par exemple, le roumain/espagnol/basque). Dans ce cas, si l’enfant est depuis tout petit dans ce système, il arrive à maîtriser sa langue maternelle, les deux langues présentes au Pays Basque (le basque et le français/espagnol) ainsi qu’une ou deux langues étrangères (anglais et espagnol/français). Un enfant peut donc sans problème apprendre 5 langues.  

 

 

Dans le cas de la Guyane Française, et surtout dans certaines zones comme celle du fleuve ( Maroni ou Oyapoque), il est vrai que le français n’est pas la langue parlée quotidiennement. Il paraît donc difficile qu’ils l’acquièrent sans l’apprendre pleinement à l’école et de toute façon, dans ce contexte bien particulier le bilinguisme ne serait pas pratiqué d’office quotidiennement (pour eux le français est la langue de l’extérieur, de l’école, de l’administration, du travail en dehors du village).

 

 

Il y a par contre plusieurs groupes qui eux se trouvent en contact régulier avec la langue française, en l’occurrence ceux du littoral comme les Kali’na, les Lokono ou les Palikweneh. Dans leur cas devenir de parfaits bilingues ne pose a priori pas de problèmes. Suivre une scolarité dans la langue autochtone (en ayant la langue française comme langue seconde ou étrangère) et devenir bilingue ne sont pas contradictoires.  Il est clair que ce n’est pas l’Etat qui encouragera ce genre d’initiative, c’est donc aux parents, au peuple de réagir et de se prendre en main pour impulser ce genre d’éducation. La question est donc: le souhaitez vous?

 

 

            Et quelle langue utiliser à l’école lorsque plusieurs langues sont présentes sur un même territoire ( par exemple sur le fleuve Oyapoque, lorsqu’on a les langues teko, wayapi et bresilien)? Celle de la majorité? “ A chaque groupe, sa propre langue maternelle” aurions nous tendance à dire. Mais quelle place pour une langue qui n’est pas totalement liée à un territoire? Le problème de la  terre est crucial chez les Amerindiens. 

 

 

            Il faut avec force faire face à celui qui a le pouvoir, en l’occurrence l’Etat français. L’union faisant la force c’est celle ci qui doit payer dans la résistance amérindienne. On nous évoque des problèmes internes de communication, mais à l’ère des pyrogues à moteur, de la radio, du téléphone et d’Internet, cela ne semble pas insurmontable.  Et quand bien même, les pagaies, les appels de fumée, le cor et la txalaparta ( instrument de musique traditionnel servant autrefois à la communication ) seront toujours là pour ceux qui ent ont besoin! Alors, le souhaitez-vous?

 

 

                                                                                             

 

 

                                         Nerea Leturia Nabaroa traduit par Audrey Hoc le 2 Mai à Camopi.

A vous de jouer………si vous le souhaitez!!!

 

 

 

 

 

Il est vrai que nous avons en Guyane Francaise des situations bien differentes selon le lieu, la langue pratiquee.

 

 

Deux exemples concrets, tres differents,  ou des strategies educatives immersives lancees par des associations pourraient etre envisagees:

 

 

Awala Yalimapo, commune kali na

 

 

A Awala Yalimapo la langue kali na est parlee de facon reguliere et par toutes les generations, meme si bien sur la tendance est a la baisse chez les jeunes.  La communes est autonome et geree par les kali na eux memes. La commune est situee sur le littoral et de fait, la langue francaise est presente au quotidien. Il y a a Awala Yalimapo une solide equipe d adultes formes et competents bilingues en kali na francais.

 

 

 

 

Balate, terre Lokono

 

 

Les Lokono de Balate ne parlent presque plus leur langue, tres peu sont ceux qui maitrisent la langue lokono, et encore moins les enfants. Balate est en contact permanent avec la langue francaise.

 

 

 

 

 

 

Les deux exemples sont tres differents et cela semble tres difficile d envisager une ecole de ce type a Balate. Or il faut rappeler que l immersion permet a nimporte quel enfant d acquerir n importe quelle langue lorsque celui ci est tres jeune. Alors pourquoi pas envisager une immersion en langue lokono? 

 

 

 

 

 

 

 

 

Antecume Pata, terre wayana

 

 

La situation est autre sur le fleuve. Ainsi, a Antecume Pata, la population parle wayana et tres peu le francais. Celui ci nest presque pas present hormi a la television ou en cd, ou a Maripasoula, a 4h en aval….

 

 

La bas, la langue autochtone doit etre un levier afin de maitriser la langue francaise, inconnue aux enfants. Un CP en langue autochtone va de soi et parait de fait totalement approprie pour que lenfant acquiert la lecture ainsi que lecrit. Passer ensuite au francais est tres facile, il ne sagit que de voyelles ou consonnes supplementaires…. A discuter ensuite de la place des cours en langue autochtone dans ce contexte bien particulier..

 

 

 

 

 

 

Ces schemas immersifs sont envisageables qu il s agisse de  renforcement, de  revitalisation ou d education propre adaptee a des enfants ne parlant que leur langue maternelle autochtone. Bien sur ce type d education n est pas forcement compatible avec les volontes de l etat , mais pourquoi attendre?  Des associations peuvent gerer ce genre de projets, des associations montees par les personnes desireuses de ces alternatives et potentiellement aidees par l exterieur. Alors, a vous de jouer….si vous le souhaitez!

 

 

 

 

                                                        Audrey, le 30 avril 2006 a Camopi

 

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Samedi 3 juin 2006

Impressions premieres du Bresil         ( 21 Mars)

 

 

              Cela fait presque trois semaines que nous sommes entrees au Bresil. Changement de pays, de langue, de monnaie, de reperes, d’habitudes, de cuisine, changements visuels, auditifs..

 

Tiens, une Borracharia.......c’est un endroit ou se retrouvent tous les bourres du coin ? non, bien sur que non, il s’agit tout simplement de centres pneumatiques ou l’on vend des pneus.

 

Xerox, Xerox, Xerox......tiens, cette marque de photocopieuse a un succes fou ici au Bresil ou ecla semble etre le nom de beaucoup de magasins au Bresil...en fait, c’est l’enseigne type pour identifier un centre de photocopies.  Ici quand on veut photocopier, on dit qu’on va faire une Xerox.  Remarque, chez nous, on utilise aussi certaines marques pour identifier un produit :par exemple Kleenex ou Tippex encore..

 

Et que d’eglises.......le Bresil religieux. Mais surtout quel foisonnement d’eglises baroques evangeliques aux noms evocateurs (Eglise du salut, eglise de la foi...) !!! Incroyable, deroutant !

 

                Durant ces trois semaines, nous avons  traverse plusieurs etats : Roraima, le plus septentrional, fin du Bresil pour ceux du Sud, debut pour les habitants de cet etat, puis Amazonas, l’enfer vert ou plutot le faux enfer vert le long de l’axe principal qu’est le fleuve Amazone, puis le Para, terre de non droit fortement deforeste, puis le Ceara, Nordeste aux plages paradisiaques.

 

                Nous avons decouvert differentes metropoles : Boa Vista, petite ville de campagne comparee aux gigantisme des autres (seulement 300 000 habitants), entouree de savanes, bien construite car horizontale ! Il n`y a en effet pas de gratte ciels a Boa Vista afin d`assurer une bonne circulation de l`air dans cette capitale surchauffee la plupart de l`annee. De l`humidite en abondance, des moustiques omnipresents......De beaux monuments tels le Garimpeiro central et le monument hommage aux pionniers..laissant apparaitre un fier autochtone au regard charismatique.

 

Puis Manaus, grosse metropole bouillonnante d`activites (1.5 millions d`habitants), plaque tournante en plein milieu de l`Amazonie, cernee de forets mais quadrillee de grandes avenues et de gratte ciels.. Premieres averses bresiliennes dans cette capitale grise et humide. De beaux monuments encore: le celebre Theatre Amazonas, vestige de l`epoque faste du caoutchouc, theatre tres parisien, intime, les Halles du marche...

 

Puis Belem (1.8 millions), ville portuaire de l`embouchure de l`Amazone. Coloniale, beaucoup de cachet malheureusement gate par de nombreux gratte-ciels, une Lisbonne bresilienne avec ses quartiers populaires delabres. Son marche Ver o Peso, impressionnant par sa diversite et son agencement agreable.

 

Et enfin Fortaleza (2.5 millions), quatrieme ville du  Bresil derriere Sau Paulo, Rio  et Salvador de  Bahia. Mais deuxieme ville aux plus fortes disparites sociales, situation qui fait pulluler les condominios, ces lotissements prives emmures surproteges ou se terrent riches fonctionnaires et classes moyennes aisees. Ici c`est le Nordeste, terre assechee, abandonnee...difficile a observer a Fortaleza ou les gratte-ciels defigurent le paysage urbain: un vrai Manhattan depuis la lagune de l`indienne.

 

Beaucoup de commerces, le paradis du consommateur, un nouveau Puerto Ordaz (Venezuela) avec tout de meme la plage en fond d`ecran. Sea, sex and Sun. Gros problemes de prostitution infantile dans ces faubourgs, dans tout le Nordeste en general. Le touriste fortune profite de la misere...Un panneau informe d`ailleurs l`arrivant a l`aeroport.

 

                Le  Bresil c`est aussi la terre des Fleuves rois. Le Rio Branco a Boa Vista, le Rio Negro aux eaux si sombres, couleur coca,  et l`Amazone, aux eaux boueuses a Manaus.

 

Nous aurons eu bien du mal avec les cabines telephoniques Telemar 31, et resonne encore dans nos tetes la musique BO de la telenovela pour jeunes a la mode : Rebelde.

 

Le Bresil compte nombre d`enseignes connues en Europe, notamment francaises tels Carrefour, C et A, Cinq a Sec...Les voitures a la mode sont les GOL ( les GOLF que nous connaissons)..

 

Mais le Bresil est aussi un pays relativement cher compare a ces voisins latins: l`equipement coute cher ( menager, electro, son, video photo), alors que la nourriture elle ne coute presque rien ou carrement rien dans les Cantines Populaires instaurees par Lulla  ( Restaurante Popular ou le repas pour tous est a 1 real, c`est a dire 30 centimes d`euros).

 

Les Bresiliens attendent impatiemment la Copa del Mundo, la vie s`arretera alors..et en Octobre, ce sont les Elections Presidentielles ou il sera difficile a Lulla de convaincre de nouveau.

 

Il faut avoir le temps au Bresil, principalement quand on se rend a la banque. Bureaucratie a rallonge et bavardages interminables...3 heures pour changer quelques malheureux travellers a Boa Vista.

 

                  Enfin le Bresil c`est aussi une realite quotidienne ultra violente, guerre civile a Sao Paolo ou les agressions a main armee sont coutumieres et ou le nombre de victimes par balle equivaut a celui des Etats Unis. Nos amis Paulistas nous conteront leurs multiples agressions ou canon cntre oreille on les depouille ou leur demande si ils ont deja vu le diable en personne.. Il ne faut pas trainer la nuit, plus personne ans le centre de Belem apres 20.00, il faut alors privilegier le taxi sous peine de se faire racketter comme nos amis linguistes.

 

La justice fait mal son travail : crimes impunis, zones de non-droit,  jeux de pouvoir...Cruel drame que celui d`un gardien de magasin au Nordeste, qui refusant d`ouvrir le commerce en pleine nuit se fait lachement abattre par balle dans le dos par un avocat ,vexe qu`on ne lui concede par son caprice nocturne. L`avocat court toujours... Et voici les resultats d`un referendum revelateurs du climat: a la question de savoir si les Bresiliens sont pour ou contre interdire le port d`arme, ils repondent en majorite contre suivant le raisonnement loufoque de certains qui voient dans cette interdiction la restriction de libertes fondamentales. 

 

Violence aussi quotidienne dans les foyers ou maltraiter sa femme fait partie des habitudes nationales...

 

 

                                                                                 Audrey, le 27 Mai a Boa Vista

 

 

 

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Samedi 3 juin 2006

Reflexion sur les strategies educatives rencontrees (10 Mars 2006 a Boa Vista)

 

 

                 Les experiences educatives rencontrees au Venezuela et au Bresil jusqu’a present laissent apparaitre le monopole des structures publiques etatiques et des structures religieuses, qu’elles soient catholiques ou protestantes (missionnaires).

 

Ou sont les exemples de strategies dirigees par les autochtones eux-memes, des strategies regies par des associations  Nous n’avons pas trouve ce genre d’initiative jusqu’alors.

 

Cela peut se comprendre par le passe douloureux, encore recent (colonisation). Neanmoins, il semblerait que certains groupes songent a ce genre de systeme afin d’y utiliser a leur guise leur lanue, vecteur educatif primordial.

 

A Boa Vista, une discussion avec un thesard Chilien, Maxim Repett, nous apprend qu’il existe une initiative educative originale dirigee par l’ONG CCPY. Ceux-ci s’occuperaient d’education chez les Yanomami. A suivre.

 

par amerikastolafr publié dans : Carnets de route du Bresil(2/03-22/03; 5/05-01/06)
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Vendredi 26 mai 2006

Conversation avec Leopoldina Araujo (12 Mars) :Les Parkatêjê: le travail de toute une vie

Leopoldina Araujo connaît bien les populations parkatêjê (groupe linguistique Jê) vivant près de Maraba (Etat du Pará). Cela fait en effet depuis plus de 32 ans (elle a commencé à 25 ans) qu’elle travaille avec eux en tant que linguiste.

Il est indispensable dans ce genre de travail d’entretenir de bonnes relations avec le chef coutumier car d’une part il a une place prépondérante dans la communauté: “Nous , nous sommes éduqués à devenir indépendants , alors que les autochtones non” , nous pécisera Leopoldina afin de nous expliciter les fait que le groupe s’organise autour du chef. En outre, c’est la personne avec qui le linguiste travaillera beaucoup. Au bout de plusieurs années, on peut dire que la confiance s’est installée entre eux deux.

Les Parkatêjê vivent encerclés: d’un côté la route, de l’autre des pilones électriques et enfin les rails du train. Ils se répartissent en deux groupes et ont du mal à s’entendre entre eux. Si Leopoldina s’en va voir pour une raison ou une autre l’autre groupe, ceux de “son” groupe deviennent jaloux et cela n’est pas bon pour son travail. n’aide pas: “Je dois garder clair le fait que je suis à leur dépend, sinon, on n’avancera pas” nous avoue la linguiste brésilienne.


Priorité: la Terre

Bien qu’ils aient conscience de l’importance de leur langue, les Parkatêjê, comme tous les autochtones d’Amérique du Sud, revendiquent leur droit à la terre. Malheureusement, ceci prend du temps et demande beaucoup de travail. Néanmoins, petit à petit, ils arrivent à obtenir, si ce n’est la totalité, un petit lopin de leur requête. Etre propriétaire de sa terre est essentiel car un groupe de personnes, une culture et une langue se rattachent toujours à un territoire donné. En outre, ce droit donne de la force et de la motivation au peuple.


Jeunes: un futur assuré?

Les jeunes à qui les parents ont parlé en portugais n’ont pas pu acquérir une des bases de leur identité : en l’occurrence leur langue. Et l’histoire se répète: la non transmission d’une génération à l’autre.

Néanmoins, même sans la langue, ces jeunes amérindiens veulent rester amérindien et donc continuent à pratiquer des rituels : “ Tout cela est très bien car ils s’approprient ce qui fait deux être des amérindiens mais cela ne suffit pas. Ils doivent se rendre compte qu’apprendre leur langue est indispensable car en plus de renforcer leur identité, cela peut leur permettre de trouver du travail, par exemple en tant que professeur de leur communauté, linguiste dans des programmes d’ universités...Je ne cesse de leur répetér cela”, affirma Leopoldina.

Le métissage peut être très enrichissant, très destructeur également: les jeunes parkatêjê se marient souvent avec des jeunes extérieures au groupe et évidemment ceux ci ne s’intéressent que très peu à la culture de leur compagnon. De nouveau, l’absence de transmission.

Et si l’on rajoute à cela l’influence de la télévision, c’est le desastre: ils se retrouvent face aux slogans de la société occidentale tels que habillez vous comme....parler comme....manger ceci, buvez cela...penser comme cela...C’est à tout un chacun de ne pas y préter attention, évidemment, mais pour quelqu’un qui n’est pas fier de son identité, ce n’est pas si évident.

Nerea Leturia Nabaroa traduit par Audrey Hoc le 3 Mai 2006 à Camopi.