7) VIeme FORUM SOCIAL MONDIAL , IIeme FORUM SOCIAL DES AMERIQUES, CARACAS 24 JANVIER AU 29 JANVIER
Le Forum Social Mundial de 2006 à Caracas s’acheva en meme temps que le mois de Janvier. Il s’agissait du deuxieme forum organise dans les Ameriques.
Dans un programme de plus de 150 pages, se trouvaient classes par jour et par tranche horaire, evenements musicaux, theatres, expositions, conferences et ateliers aux sujets divers. Surement quelques choses interesantes a decouvrir!
Tous reunis autour du leitmotiv: “Un autre monde possible”, des indivdus de sexe, age, nationalite, couleur, religion, croyance, philosophie differents se sont cotoyes du 24 au 29 janvier a Caracas, afin d’assister a des conferences organisees autour des themes tels que Societe, Sante, Economie, Politique, Femme, Pollution, Autochtones.
Tout le monde, orateurs, participants, s’est donc reuni a Caracas ( en meme temps a Bamako aussi, au Mali) autour de cette esperance commune de pouvoir changer cette societe, ce monde qui n’est pas celui souhaite.Tous les jours, les conferences, distribuees sur un vaste espace de 10 lieux- rendez vous (zone des universites, parc central, aeroport Carlota, Poliedre, Parc de l’Est, Altamira..), etaient reparties en 4 tranches horaires, de 8.30 le matin jusqu’a 9h le soir. Et bien sur, dans un tel megaevenement, tout ne s’est pas deroule selon un agenda et des horaire regles a la suisse: retards, problemes de transport, annulation de conferences.. Mais dans ce cas precis, les choses se passaient plutot bien et la conference prevue se tranformait alors en mini forums d’echanges: D’ou etes vous? Que faites vous? Quelle est la situation la bas? Et voila, de nouvelles reflexions interessantes et des opportunites de nouveaux contacts pour l’avenir.
Le forum ayant lieu a Caracas, il est clair que la question politique prenait une place importante, et notamment celle qui tournait autour de la politique de Chavez: socialisme, gauche, anti-imperialisme, anti-capitalisme. Mais si l’on veut tendre vers un autre monde, n’est il pas logique d’essayer de rechercher des alternatives autres a celles existantes? Il est de fait important d’afficher un esprit critique.
Nous nous sommes rendues aux conferences qui nous interessaient: celles qui tournaient autour des thematiques autochtones. Les conferences prevues ont ete vraiment tres interessantes mais comme je l’ai dit precedemment, encore plus interessant a ete le moment ou des reunions informelles ont ete organisees. Lors de ces conferences, les autochtones d’Amerique centrale et d’Amerique du sud etaient presents, mais ceux du Nord etaient egalement la (Etats Unis et Canada).Tous arrivaient a la meme conclusion: alliance et union ( voir resume des conferences a la fin).
Nerea, traduit par Audrey
Presentation generale: organisation du forum
Durant ces quatre jours de conferences ou nous sommes tous “freres et soeurs” et “camarades”, nous reussirons a assister aux conferences suivantes, sachant que nous voulions en suivre 11:
- Conferencia de los Pueblos Indígenas: Conference des Peuples Autochtones.
- Soberania y autodeterminacion, claves para la resolucion de conflictos politicos La lucha del Pais Vasco-Euskal Herria. Souverainete et autodetermination, cles pour la resolution des conflits politiques. Le combat du Pays-Basque.
- Conversatorio:los movimientos indígenas y nuestros proyectos politicos (America del Norte) Dialogue echange: les mouvements autochtones et nos projets politiquees (Amerique du Nord).
- Pueblos indígenas: propuestas interculturales desde el ejercicio de la autonomia como alternativas frente a la globalización. Peuples Autochtones: propositions interculturelles dans un contexte d’ autonomie comme alternatives face a la mondialisation.
- Reunion de dirigentes juveniles indígenas. Reunion de jeunes representants autochtones.
- Educación intercultural bilingü. Education Intercultural Bilingüe.
- Retos y dificultades de la praxis indígena en America Latin. Enjeux et difficultes de la praxis autochtone en Amerique Latine.
Pourquoi 7 conferences sur 11? Car les autres n’ ont tout simplement pas eu lieu: elles ont soit ete deplacees (en seule en verite, et l’ info etait difficile a trouver) ou annulees ( le cas de 3), ou personne ne vint a lendroit prevu (2).
En general, les conferences suivies ont ete tres interesantes mais il ne faut pas negliger l’organisation quelque peu cahotique de celles ci: Bien sur , on ne pouvait pas s’attendre a une organisation a la minute precise, mais trop souvent les horaires n’etaient pas respectees ( a 3h pres), quequefois les lieux non plus.. la consequence positive de ce chaos, comme l’a dit Nerea, a ete la transformation de conferences formelles en reunions informelles entre 3, 5 voire 10 personnes. Cela devenait alors encore plus enrichissant!!
Durant le forum, les 3 lignes de metro de Caracas etaient a disposition des detenteurs du pass ( Pass a 43 000 bolivars: soit 16 euros). Plutot sympa! ( quoique le metro est vraiment a un prix derisoire: 350 bolivars, soit 12 centimes d’euros) Dommage que la meme chose nait pas ete envisagee pour les bus, qui eux coutent le double et vont a bien plus d’endroits!
Audrey
Otro Mundo posible
Le forum avait pour leitmotiv : un autre monde possible. Tout un programme alternatif!!!
Le debat est lance: trouver une alternative au neoliberalisme, au capitalisme nuisible. Quantite de conferences tournent autour de ce theme ( dont l’ enigmatique association PROUT qui proposait la conference suivante: modele socioeconomique alternatif et neohumaniste: une societe humaine unique et indivisible) mais pour autant, Nerea et moi, restons convaincues que la reponse est entre les mains des peuples autochtones de notre planete, et donc dans la parole que pourront repandre ces differents representants durant le forum.
De fait, les conferences que nous suivrons , outre les problemes internes et externes aux societes autochtones, ouvrent toutes sur la reflexion d’un autre monde posible.
Il semble en effet evident pour nous que le mode de vie des autochtones est bien plus respectueux que le notre envers notre chere Terre mere.
Evidemment, il ne s’agirait pas pour nous, pauvres petits occidentaux, de retourner au mode de vie du chasseur pecheur cueilleur ( et pourquoi pas?), mais plutot d’ ecouter et de se baser sur une philosophie de societe racine ( voir reflexions pre projet). Nous avons beaucoup de choses a apprendre ou a reapprendre, s’il n’est pas trop tard!
Et dire qu’il y en a qui parlent des bienfaits de la colonisation!
Il y en a qui voient dans les processus revolutionnaires de Castro a Cuba, du Venezuela de Chavez et de
la Bolivie maintenant ( avec l’election d’Evo Morales), cet autre monde posible. Certes, ce sont des alternatives aux imperialismes etats unien et europeens, mais n’est ce pas quand mème sur estimer ces processus dans leur nature anti capitaliste? Le venezuela par exemple est un pays consommateur en force ( premier consommateur de mobiles au monde), qui bien que critiquant ce systeme, pratique un capitalismo feroce. Nous pouvons citer a ce titre le projet gigantesque de gazeoduc qui ira du Bresil au Venezuela. Alors , ou est l’alternative?
Encore une fois, et comme cette dame l’implorait en etant quasi en larmes en evoquant le projet du gazeoduc devant une assemblee d’autochtones d’Equateur, il est temps de laisser la place aux “sages” et de nous sauver, Le rapport dominant domine en serait vite inverse.
Audrey
Askapena au forum: Soberania y autodeterminacion, claves para la resolucion de conflictos politicos La lucha del Pais Vasco-Euskal Herria.
Nous avons asiste a une conference sur le “conflit” basque ou intrevenaient un representant de Askapena et un autre de Batasuna. Le discours de l’excellent orateur qu’etait le representant de Batasuna etait tres fort, coherent, persuasif: “la reconnaissance du peuple basque est un combat qui dure depuis plus de 8 siecles, 8 siecles de colonisation. L’autodetermination est un du et non un droit”.
Plus que jamais, le peuple basque est autochtone du territoire sur lequel il se trouve. Le representant de Batasuna a beaucoup insiste sur les bienfaits du changement revolutionnaire avec Chavez au Venezuela: il souhaite ce changement pour le Pays Basque de demain.Comme me l’a justement fair remarquer Nerea, ne devrait il pas plutot comparer le Pays Basque a la situation des autochtones du Venezuela, plutot qu’au Venezuela en tant qu’etat? Lors de cette conference, un venezuelien intreviendra pour s’excuser de l’attitude de Chavez suite a l’extradition rapide de refugies basques se trouvant au Venezuela, vers le territoire espagnol. “Il s’agit de laisser au processus le temps dont il a besoin. Ce sont des choses qui ne devraient plus arriver”.
Audrey
La Constitution Bolivarienne du Venezuela ( 24 Mars 2000), Chavez et les autochtones
Toutes les conferences suivies arrivent au constat suivant, surtout en ce qui concerne le Venezuela: la legislation envers les droits des peuples autochtones est tres elaboree.
La Constitution du Venezuela est sans doute l’une des plus progressistes du monde en la matiere!!
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PREMIERE PARTIE: Principes fondamentaux:
Article 9: La langue officielle est le castillan. Les langues autochtones sont egalement d’usage officiel pour les peuples autochtones et doivent etre respectees sur tout le territoire de
la Republique , comme faisant partie du patrimoine culturel de la nation et de l’humanite.
La reconnaissance des langues autochtones comme langues officielles apparait seulement dans les Constitutions des pays suivants: Colombie, Equateur, Nicaragua, Perou et Venezuela.
TROISIEME PARTIE: Chapitre VIII: Droits des Peuples Autochtones
Article 119: L’Etat reconnaitra l’existence des peuples et communautes autochtones, leur organisation sociale, politique et economique, leurs cultures, us et coutumes, langues et religions, ainsi que leur habitat et leurs droits originels sur les terres qu’ils ocuupent traditionnellement et ancestralement et qui leer sont necessaires afin de Developer et garantir leurs modes de vie. L’executif nacional comptera dans ses rangs des representants autochtones afin de delimiter et garantir le droit a la propiete colective de leurs terres, lesquelles sont inalienables, imprescriptibles, intransferibles en accord avec ce qui est etabli dans cette Constitution et dans la loi.
Article 120: L’exploitation des ressources naturelles des habitats autochtones par l’Etat se fera sans passer outre l’integrite culturelle, sociale et economique de ceux ci, et de meme, sera sujette a information et consultation anticipee aupres des communautes autochtones respectives. Les benefices de cette exploitation pour les peuples autochtones sont assujettis a cette Constitution et a
la Loi.
Voila qui est interessant a commenter. La notion des terres autochtones dans
la Constitution. Celle ci ne fait a aucun moment mention de “territoire”. Cela supposerait en effet un droit legitime, et celui ci serait pretexte a l’autodetermination des peuples autochtones qui vivent sur ces territoires, chose que la republique bolivarienne ne souhaite aucunement ( voir dernier article).
Le statageme consiste alors a parler de” terres et d’habitat indigenes”: rappelant que “habitat” est un terme relatif a la faune et a la flore
Article 121: Les peuples autochtones ont le droit de maintenir et de developper leur identite ethnique, cosmovision, valeurs, spiritualite ainsi que leur lieux sacres et de culte. L’Etat soutiendra la valorisation et la difusion des manifestations culturelles des peuples autochtones, lesquels ont droit a une education progre et a un regime educatif de caractere intercultural et bilingue, attentif a leurs particularites socioculturelles, valeurs et traditions.
Cet article nous interesse particulierement celui ci etant relatif a l’education. Nous verrons courant janvier et fevrier ou en est ce processsus d’education interculturel bilingue. L’education interculturel Bilingue existe par decret depuis 1979.
Article 122: Los pueblos indígenas tienen derecho a una salud integral que considera sus practicas y culturas. El estado reconocera su medicina tradicional y las terapias complementarias, con sujeción a principios bioeticos.
Article 123: Les peuples autochtones ont droit de maintenir et promouvoir leurs propres pratiques economiques basees sur la reciprocite, la solidarite et l’echange; ainsi que leurs activites productrices traditionnelles, leur participation dans l’economie nationale etont le droit de definir leurs priorites. Le peuples autochtones ont acces aux services de formation professionnelle et ont le droit de participer a l’elaboration, application et gestion des programmes specifiques de formation, services d’assistance technique et financier qui renforceraient leurs activites economiques au nom d’un developpement local equitable. L’etat garantira aux travailleurs issus dse peuples autochtones le benefice des droits conferant a la legislation du travail.
Article 124: Sera garantie et protege la propriete intellectuelle colective des connaissances, technologies, et innovations des peuples autochtones. Toute activite en relation avec les ressources genetiques et les connaissances associes a ceux ci seront des benefices colectifs. Est interdit le depot de brevets concernant ces ressources et connaissances ancestrales.
Article 125: Les peuples autochtones ont droit de participer a la vie politique. L’Etat garantira, conformement a la loi, la representation autochtone dans l’Assemblee Nationale ainsi que dans les corps deliberatifs des entites federales et locales qui comptent des populations autochtones.
Il y a en effet Quatre representants autochtones a l’Assemblee nationale, dont l’emblematique wayuu Noeli Pocaterra
Article 126: Les peuples autochtones, comme vecteurs de cultures ancestrales, font partie de
la Nation , de l’Etat et du peuple venezuelien en tant qu’entite unique, souveraine et indivisible. En conformite avec cette Constitution, ils ont le devoir de respecter l’integrite et la souverainete nationale. Le terme “peuple” dans cette Constitution ne pourra etre interprete dans le sens donne a celui ci dans le droit Internacional.
Et voila cet article qui casse quelque peu tous les precedents. Le Venezuela revele dans celui la sa veritable nature d’Etat Nation dans lequel l’autodetermination des peuples, au sens de la legislation internationale, n’est pas applicable. Comme Chavez aime a le dire: Il n’y a au Venezuela ni Indigenes, ni Noirs mais que des Venezueliens!
------------------------------------------------------------------------------------------------ Si nous faisons abstraction du dernier article, tres decevant, la legislation est en effet tres favorable a l’emancipation des peuples autochtones . Et comment s’ appliquent ces lois dans la vie de tous les tours? Il manque en effet un respect reel de ces droits, et a ce titre, ou en est le processus de demarcation des territoires autochtones?
Est ce quon tient compte de l’avis des autochtones lorsqu’un projet industriel ou mineral est en vue ( exemple du gazeoduc)? Non, pourtant bien souvent, ceux ci traversent des zones de peuplement des autochtones, comme celui de
la Gran Sabana dans le cas du gazeoduc.
Les lois sont belles mais il reste beaucoup de chemin…
La solution aussi est entre les mains des autochtones eux-memes: profiter de cette
manne legislative et construire leurs propres projets, imposer leurs choix.
Il est certain que l’attente d’une quelconque aide du gouvernement sera interminable..
Audrey
Discussion avec Eric Gutierrez:
Ce camarade nous a beaucoup eclaire sur la realite du monde autochtone au Venezuela (remarques precedentes sur le habitat et sur le gazeoduc). Cette personne engagee dans la lutte de la reconnaissance des droits du peuple pemon, a en effet une vision critique constructive du changement Chavez. Pour ce qui est des peuples autochtones, nous savons dores et deja ce qu’il en ressort. Par contre, il n’est pas peu realiste quand aux progres realises dans le pays en general:
- chute de l’analphabetisme
- distribution alimentaire pour les plus demunis
- acces aux soins dans les bidonvilles
Ces progres resultent en grande partie de la mise en place des Missions Bolivariennes. Kezako? Ces missions sont des organismes independants des ministeres qui s’occupent de domaines particuliers : bidonvilles ( Mission Barrio a dentro), autochtones ( Mission Guaicaipuro) , analphabetisme ( Mission Robinson)…..
La mission Barrio a dentro a donne des resultats spectaculaires: le principe est simple: au lieu de descendre en ville, ce sont les medecins et le soins qui montent aux bidonvilles ( des medecins cubains dans un premier temps et maintenant des venezueliens egalement). C’est un grand progres!
De plus, le financement de ces missions se fait directement grace a une repartition plus equitable des revenus obtenues grace aux ressources petrolieres du pays. Ces profits ne vont donc plus directement a la classe oligarchique dont fait reference Chavez.
Audrey
Les conferences suivies: resume:
Alliance et Union: L’avenir des autochtones
Les gouvernements sont frileux au concept d’autonomie car celui ci presuppose la division du territoire national et par la suite, l’independance des differents territoires revendiques. Comment alors en tant qu’autochtone, faire face a un tel raisonnement nationaliste?
D’apres les autochtones, la situation dans laquelle ils se trouvent dans toute l’Amerique du Sud ( Nous parlerons du Sud car les representants presents etaient de cette zone geographique) est celle de la repression. Bien que les tendances politiques virent a gauche, la situation ne s’ameliore pas.
- Vladimir P., mapuche, Chili (Conferencia de los Pueblos Indígenas)
Au Chili, jusqu’a maintenant, rien n’a ete fait en faveur des peuples autochtones. Le Chili est un pays ancre dans les rouages des privatisations, et sous la presidence de Ricardo Lagos, les mapuche avaient ete menace par la privatisation de leur territoire ( exploitation forestiere, eau: ENDESA..)
Le gouvernement est plus interesse par la croissance economique du pays plutot que de celui de chacun de ces citoyens, ce qui suppose donc le deni total des populations autochtones.
Michelle Bachelet est la nouvelle personne a la tete de la presidence du pays: c’est une femme, de gauche selon son appartenance politique. Les autochtones ont vote pour elle, et il y a beaucoup d’espoir, selon les propos du representant mapuche Vladimir P.
Petit a petit, les revendications autochtones arrivent au gouvernement: l’autonomie, la revision dela Constitution, la liberte d’expression et le droit d’autogerer leurs ressouces naturelles. C’est un pas.
La Constitution actuelle ne tient pas compte des peuples autochtones.L’Etat prefere signer des accords de libre echange avec l’Europe, les Etats Unis,
la Chine et le Japon. La seule solution pour Vladimir pour se sortir d’une telle impasse est l’alliance et l’union avec les “freres” d’Amerique Centrale et du Sud.
Humberto Cholango, quechua, Equateur (Conferencia de los Pueblos Indígenas)
On dit que dans tous les pays d’Amerique du Sud, ce sont les ancetres des blancs qui ont initie les mouvements d’independance. Mais qu’auraient fait ces blancs “libertador” sans l’aide des autochtones? Malgre cette aide, les autochtones n’ont jamais eu droit de citer dans la construction des nouveaux pays.
Les Etats d’aujourd’hui fonctionnent tous selon des structures neocoloniales. La diversite n’est pas de mise et en resultent xenophobie, exclusion sociale, politique et economique.
Dans ce contexte, pour Humberto Cholango, la decolonisation est essentielle, sinon comment creer une nation sud americaine qui reflete vraiment les envies des autochtones? Mais quel est le type de nation envisagee? Neoliberale? Socialiste?
Selon le representant quechua, la nouvelle nation sud americaine se doit d’etre anti imperialiste, une nation qui integrerait et qui appartiendrait aux peuples. Cette nation aurait pour base la mise en commun de toutes les propositions des pays en presence, presupposant une integration totale (sociale, politique, economique), elle serait interculturelle et bilingue et ou les autochtones seraient consideres comme autres chose que du folklore.
En resume, selon Cholango, la nation sud americaine doit etre progressiste, socialiste, et plurinationale; et non diplomatique, neoliberale et oligarche.
Dans cette optique, pour beaucoup de representants autochtone presents, les gouvernements de Chavez et de Morales refletent ce changement espere.
Freddy Bolívar, pemon, Venezuela (Conferencia de los Pueblos Indigenas y Retos y dificultades de la praxis indígena en America Latina)
Meme si le gouvernement de Chavez tient compte des autochtones dans
la Constitution , beaucoup de points de discorde sont a soulever. A ce titre, le professeur pemon Freddy Bolivar soulignera certaines des faiblesses existantes.
Les “ecoles bolivariennes”, qui ont pour objectif d’assurer une education pour tous, ne tiennet que peu en compte les particularites des peuples autochtones.
Des terres ont ete donnes au autochtones, certes, mais leur delimitation n’est pas assuree, ce qui a entraine bien des conflits avec blesses et morts (PROVEA).
Les exploitations minieres leur grignotent les terres: l’exploitation du charbon est passe de 8000 tonnnes l’an, a 32 000. Ou vont les benefices? Bien malheureusement vers les si detestes Etats Unis ( ou est l’anti imperialisme de Chavez?).
Et qu’est-ce que ce projet gigantesque de gazeoduc qui doit traverser toute l’Amerique Latine? Ce projet qui menace tragiquement bon nombre d’autochtones est pourtant approuve par tous les gouvernements des pays concernes. Ils ont tous signe. Le projet suit son cours. Qu’est ce que le socialisme s’il ne prend pas en compte la societe entiere? Quel est le socialisme envisage? Une doctrine marxiste venant de l’exterieur, ou bien une doctrine qui est a l’ecoute des besoins des autochtones?
Est-il si difficile de trouver un accord? Quel est le probleme? Comme toujours, l’argent. Les terres des autochtones regorgent de ressources: petrole, gaz, mineraux, eau; tout ce dont revent les gouvernements et les entreprises privees. Dans ce contexte, on “vire” les autochtones de leurs terres, on les laisse sans assistance, sans infrastructures de sante, ou bien encore on les laisse sous la menace de la guerrilla narco et paramilitaire, cela en Colombie.
Kalmex Omar Ramos Rojas, quechua, Perou ( Retos y dificultades de la praxis indígena en America Latina)
Ce quechua affirme que les programmes du gouvernement sont paternalistes et qui ont tendance a assister les autochtones ( tous les autochtones presents confirment de la tete). Les autochtones ne sont pas des petits enfants qui vivent dans la foret, ce sont des adultes et ils sont capables de prendre des decisions et de s’autoadministrer. Lorsqu’un programme est mis en place, cela suppose la consultation de la base, et bien non…il est tres rare que l’on demande leur avis aux autochtones alors que cela les concerne pleinement. Il n’y a pas d’echange. En outre, souligne Ramos Rojas, les lois se referant aux droits des autochtones devraient etre rediges en langue autochtone. La traduction peut en effet entrainer des erreurs, des contradictions.. “ Ou est le socialisme?
La Loi et la voie que nous suivons depuis toujours est celle du communautarisme, et non celle d’un soi disant socialisme ou communisme”
Pour les autochtones, la nouvelle societe recherche durant le forum ne peut passer que par une alliance et des echanges interautochtones. Comme le dit ce vieil adage, l’union fait la force.
Nerea Leturia Nabaroa, traduit par Audrey. Article termine a Puerto Ordaz, 7 fevrier 2006
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