---------------------------------------------------------------------------------------------------
1) BIENVENIDOS A LA REPUBLICA BOLIVARIANA DE VENEZUELA! 4 JANVIER 2006
President: Hugo Chavez. Quelques repères: 1 euro = 2400 bolivars au marche officiel, 2800 bolivars au marche noir. le trajet en métro coûte 350 bolivars ( 10 centimes deuros), bus en ville 700 bol. , le paquet de cigarettes: 2700 bol ( moins de 1 euro), la baguette de pain: 750 bol. ( 25 centimes d'euros) ou le petit pain 200 bolivars ( 0.08 centimes deuros), l heure de connexion a Internet: entre 1000 et 2500 bolivars ( 30 et 90 centimes deuros) l'essence: 1000 bolivars pour 10 litres: donc moins de 3 centimes d'euros le litre. Comparé à ces prix, les trajets grande ligne en bus sont exorbitants. Salaire moyen au Venezuela: 400 000 bolivars soit 150 euros. Sport national: Base-ball. 2) CARACAS: IMPRESSIONS SUR

L'arrivée sur Caracas est quelque peu déroutante: un pont suspendu énorme, ( qui s'est d'ailleurs effondré le 5 janvier engendrant de sérieux dégâts et fermant définitiviment l'accès à l'aéroport), la traversée de bidonvilles, puis l'entrée sur une Caracas grise et délabrée qui semble tout juste sortie de temps de guerre et où l'insécurité semble de mise (bien accentuée par les médias).....


Puis au gré des jours, la diversité de Caracas se révèle: population multiethnique « cafe con leche »; femmes ultra sexy, sans complexe, aux décolletés wonderbrisés aguicheurs qui ne semblent pourtant pas perturber le quotidien des hommes; ambiances musicales latinos, reggaeton, pop à plein tube dans les bus; site geographique ahurrissant avec un Mont Avila impressionnant par sa raideur et son altitude; végétation tropicale exuberante aux abords de la ville; arrondissements divers gérés en relative autonomie d'où le contraste entre barrios vetustes et quartiers cloisonnés dans leur richesse disproportionnée (

Nous quitterons en fait une ville bouillonnante d'activités, glauque de prime abord puis finalement toute en relief, tropicale, sensuelle et plutôt gaie. Bien sûr les précautions de base sont à respecter: marcher d'un air assuré, ne pas sembler perdu, eviter de trainer des qu'il fait sombre, surtout dans le centre ville, dès 18h...A côté de cela, des quartiers comme Altamira et El Hatillo pueblito à l'architecture coloniale sur les hauteurs, affichent une vie nocturne trépidante que l'on ne soupçonnerait pas...
Pour plus de photos sur Caracas, allez a ladresse suivante: http://spaces.msn.com/amerikastola/photos/?_c02_owner=1


(El Hatillo, 07/01/2005)
Un grand merci à notre hôte Diana, sans qui nous n'aurions pas pu découvrir Caracas.
* Le Venezuela, existant bien sûr bien avant sa découverte coloniale par Christophe Colomb, mais baptisé dès lors, détient un patrimoine linguistique important avec 34 langues autochtones (voir illustration) et l'emploi officiel de l'espagnol, issu des bienfaits de la colonisation.
El museo de las Ciencias de Caracas présente une intéressante exposition audiovisuelle sur cette richesse linguistique. La présence de cette exposition est à noter.



Nous recherchons des informations annexes plus approfondies et proposerons alors un lien vers celles ci.
* Le 5 janvier était jour de rentrée pour la nouvelle Assemblée Nationale, assemblée qui compte 4 représentants autochtones: dont la célèbre Noemi Pocaterra de l'ethnie wayuu.Nous avons rencontré Milagros Gomez, en contact avec de nombreux députés, mais bien évidemment, aucune possibilité en ces dates chargées de pouvoir envisager un rendez vous avec l'un de ces représentants. Dommage. Rendez vous repoussé à plus tard, peut être en Oriente pour rencontrer le représentant Pémon. Nous restons en contact avec Milagros, très sympathique ( Merci encore à Diana).

Pendant la phase de préparation de notre projet, nous avons rencontré une multitude de personnes différentes: explorateurs, ethnologues, voyageurs, scientifiques, linguistes, représentants autochtones...
Voici ce qui ressort de toutes ces rencontres:
- La notion de peuple autochtone:
On parle volontiers de peuple autochtone pour les amérindiens ( indiens vivant dans le nord et le sud du continent américain). Autochtone ramène à l'origine historique ancienne du peuplement du territoire où vivent des populations. Cela amène donc à s' intéresser au peuplement de ce continent durant la phase pré-Colombienne.
On évoque aussi comme terme celui de peuple primitif, premier, indigène: ces notions ont à nos yeux une connotation péjorative qui renvoie aux thèses évolutionnistes du XVIIIème siècle. Ces thèses sont partisanes d'une évolution universelle dans le temps des sociétés du stade primitif, sous developpé, non monétaire; à celui du stade avancé, culminant dit moderne donc développé, postindustrielle, et monétaire. Pour atteindre l'évolution la plus avancée, les sociétés passeraient par un stade intermédiaire, dit barbare.
Il existe un autre terme plus récent, employé par certains ethnologues comme Eric Navet et Eric Julien, qui semblent mieux convenir à la réalité: il s'agit de l'appelation peuple racine.
Un peuple racine s'appuie sur un mode vie basé essentiellement sur la cueillette, la chasse et la pêche, et où une agriculture de subsistance peut exister. En découle un rapport étroit avec la nature, notamment au niveau spirituel (chamanisme, animisme). Un peuple racine est forcément autochtone.
Nous utiliserons donc le terme peuple racine ou peuple autochtone pour caractériser les amérindiens rencontrés.
Cette reflexion sur ces différentes définitions amènent à considérer certains peuples autochtones
comme non « racines », ou plutôt comme autochtones n'étant plus, à l'ère de la modernité,
« racines », c'est à dire vivant en rapport étroit avec la nature. Cela supposerait que ces
autochtones ont perdu leurs racines et le seul trait qui les caractérise alors en tant qu'autochtone
est l'ancrage historique sur leur territoire, et leur langue ( la définition semble convenir aux
Basques).
Certains aspects culturels peuvent avoir perduré (des traditions) mais ceux ci, n'ayant plus trop
de rapport direct avec le quotidien, sont folklorisés. On peut donc considérer ce qui fait partie du
folklore comme un ensemble de traditions propres à une culture, mais qui ne sont plus vivantes
au quotidien.
Toutefois, on peut parler de folklore lorsqu' une tradition encore vivante, est decontextualisée et
présentée à but lucratif.
Par rapport à la notion d'ancrage sur un territoire, une petite précision ou aspect à ne pas négliger. En effet, il existe des populations autochtones ancrées dans un territoire , qui ne le sont plus actuellement. Ces populations ont été déplacées. Le déplacement peut s'expliquer par la colonisation, par choix, par nécessité vitale... Bien sûr, ce déplacement n'efface en rien le caractère autochtone de ces « groupes ». S'inscrivent dans cette lignée nombre d'ethnies brésiliennes déplacées pour leur sauvegarde au Xingu, ou bien encore les Kunas du Panama.
Audrey
- la mise en garde quant à la présentation et l'élaboration d'un projet dans une communauté autochtone.
Le substantif projet raisonne bien trop souvent avec gros moyens, et une volonté plus colonisatrice qu' humaniste. Un projet doit naître de la volonté d'autochtones eux mêmes, notre rôle étant alors celui d'intermédiare, de relais de leur « voix ».
Imaginez que l'on vienne vous voir en vous proposant de l'aide, pourquoi refuser? N'auriez vous pas besoin d'une voiture supplémentaire? L'exemple est inversé, mais traduit bien le manque d'intéraction. Le rapport qui en découle n'est pas sain. Vous n'êtes plus là que pour offrir, alors que personne ne vous a rien demandé.
Un projet doit donc être la conséquence d'un échange préalable, supposé suffisamment long pour que s'instaure une relation de confiance réciproque. Merci à Mme Lescure, linguiste au CELIA de Villejuif, à Felix et Alexis Tiouka, kali'na de Guyane, Patrick Menget..
Emilie Barrucand dans son livre Wayanga, l'Amazonie en Sursis, décrit bien les conséquences néfastes de projets pré établis qui n'ont eu que des effets dévastateurs et déculturants. La mise en place d'un puits dans un village, l'arrivée de la radio, désorientent les activités traditionnelles et désorganisent de la sorte le lien social. Certes, il y a des effets positifs mais le progrès est-il toujours le progrès? Ne devrait on pas parfois renoncer à celui ci afin de conserver des valeurs plus humaines?
Audrey
- Diffèrentes réactions face à la présentation de notre projet nous ont amené à considérer diffèrents tableaux quant à l' importance du bilinguisme à l'école dans une société « racine »:
- Dans une société racine peu ou pas contactée, le problème de conservation de la langue « minorisée », autochtone, ne se pose pas. La langue n'est pas en danger étant donné qu'elle ne se trouve pas confrontée à la langue dominante du pays et que la transmission familiale se passe bien. Or, dans ce cas, le bilinguisme peut s'avérer une clé, non pas pour conserver ou sauver la langue et l'identité culturelle autochtone , mais plutôt pour se défendre des agressions extérieures en comprenant le langage de l'agresseur. C'est ce dont nous avons discuté avec Jéromine Pasteur et son collaborateur en France. Le cas évoqué ne se pose pas pour tous les groupes ashanincas du pérou, mais Mme Pasteur évoquait cette façon de voir le bilinguisme pour le groupe qu'elle cotoie depuis plus de 20ans. Plus d'informations sur les ashanincas et Jéromine Pasteur sur le site www.chaveta.org
- Eric Julien, et sa collaboratrice Murielle Fifils, rejoignent dans une certaine mesure ce point de vue en évoquant la situation des Kogis en Colombie. Ils affirment eux aussi que la langue kogi n'est pas en danger, étant donné l'isolement dans lequel se trouvent ces groupes. Eric Julien évoque d'ailleurs l'inutilité d'écoles bilingues. Certes, elles sont utiles et existent pour des groupes en contact avec la société occidentale (dans la vallée), mais n'existent pas et cela est justifié chez les groupes de Kogis qu'il a fréquentés (vivant dans la montagne). Selon lui, l'école type occidentale n'a pas sa place la haut.L'école c'est la parole des anciens, des sages. L'école c'est la forêt. Une intéressante reflexion de Kogis venant en France nous amène d'ailleurs à nous interroger sur la réussite ou les objectifs d'une éducation type occidentale: « nous sommes venus jusqu'à vous afin de rencontrer et de discuter avec vos sages ». Mais qui sont nos sages? Ne serait-ce pas l'un des objectifs de l'éducation que de rendre sage? Le débat est lancé. Pour plus d'informations sur les Kogis de Colombie, allez sur le site www.tchendukua.org.
- Lorsque des sociétés racines sont en contact fréquent avec le monde occidental, le processus de minorisation et de disparition de la langue et de la culture autochtone est en marche. C'est ce qu'il se passe en Guyane Française, et plus particulièrement chez les Kali'na. Il est alors intéressant de se pencher sur la place qu'est accordée à cette langue et à cette culture à l'école. Notre rôle va être celui d'observer concrètement ce qu'il se passe et de comprendre le fonctionnement des médiateurs bilingues.
Audrey
- Nos lectures et nos rencontres nous ont amené à observer qu'un bon nombre de personnalités, bilingues donc, étaient représentantes de leur culture. Ces personnes défendent et représentent le groupe auquel ils appartiennent devant les grandes instances occidentales. Il apparaît donc essentiel de former des personnes bilingues à même de défendre les droits autochtones.
Alexis Tiouka, juriste kali'na , se rend souvent à Genève, au Groupe de Travail sur les Peuples Autochtones afin d'y défendre les droits collectifs ( ce groupe de travail se réunit chaque année à trois reprises, il s'agit d'une série de conférences réunions organisés par l'ONU qui a pour but la rédaction d'une Charte Universelle des peuples autochtones. L'intérêt de ces confèrences, au delà de présenter une sorte de cahier de doléances par pays, réside dans le fait de réunir des représentants de beaucoup de peuples autohtones du monde entier).
Parmi les représentants autochtones les plus médiatisés, nous pouvons citer le célèbre chef Raoni ( qui a colalboré avec Sting), Kayapo du Bresil.
Audrey
- L'école et les langues autochtones:
Peu à peu notre problématique a évolué. Comme tout projet, il évolue, change, s'élargit.
De fait, la simple étude de la place de la langue autochtone, du bilinguisme à l'école donc, n'est plus suffisante. Il s'agit de réfléchir sur l'adaptation du système scolaire à des cultures diffèrentes, qui ne sont pas basées sur une conception de la vie occidentale, universelle.
A ce titre, nous ferons un résumé des grandes idées de l'excellent ouvrage Repenser l'école, de la revue Ethnies édité par Survival.
Survival aide les peuples indigènes à défendre leurs vies, protéger leurs terres et déterminer leur propre avenir. Pour plus d'informations allez sur le site www.survivalfrance.org
Audrey
- Les explorateurs et l'exploration: question éthique de la découverte.
Une rencontre avec l'explorateur français Maurice Thiney au festival ABM d'Issy les Moulineaux (www.abm.fr) a permis de reposer la reflexion sur les buts de toute aventure exploratrice. Un article paru dans National Geographic sur les explorations au Bresil de Sydney Possuelo aboutit également à des conclusions intéressantes.
Maurice Thiney, explorateur passionné et passionnant, qui présentait alors un documentaire sur le Nagaland, a invité les plus téméraires d'entre nous à partir à la découverte des derniers peuples oubliés, non contactés de la planète. Ceux ci se trouveraient en Irian Jaya, partie indonésienne de la grande île de Papouasie Nouvelle Guinée. Pourquoi partir les découvrir? Pourquoi vouloir les contacter? Pourquoi ne pas les laisser en paix?
Au delà de la gloire personnelle de l'exploit sportif et culturel réalisé, ne faut-il pas se poser la question des conséquences qu'engendrera le premier contact établi? N'est ce pas là le début du processus d'assimilation de ce peuple?
Sydney Possuelo, dans son expédition, arrive à cette conclusion: après plus de trois mois de lutte dans la forêt, il rebrousse chemin et renonce à ce premier contact. Sydney Possuelo serait-il le sage avec qui voudraient converser les Kogis?
Audrey
- Rencontres avec diverses associations s'occupant des problématiques indigènes:
Paroles de nature: www.chamane.org
:Nous avons rencontré une des responsables de cette association qui s'occupe principalement du peuple de Sarayacu en Equateur. Cette dame nous a gentiment expliqué que notre problématique et le fait d'aller sur place, gênerait plus qu'autre chose. En effet, là bas, l'éducation n'est pas le problème majeur. Sarayacu doit faire face à plusieurs agressions, de la part de multinationales pétrolières notamment. Le combat est rude et tout se concentre la dessus. Nous comprenons alors que notre étude n'a pas sa place à cet endroit.
Nous serons probablement confrontées à ce genre de réaction durant notre périple ( problèmes de l'orpaillage, mercure, barrages hydrauliques, pétrole...).
Audrey
Rencontres en Ariège:
Parallèlement à l'évolution de notre réflexion sur les peuples minorisés, des rencontres fortuites nous amènent à développer des actions concrètes en lien direct avec le projet.
Tout d'abord, la rencontre avec Pascale de Robert, anthropologue spécialiste des indiens Kayapos du Brésil, a constitué une approche intéressante de la question indigène Amazonienne. En effet, lors d'une de ses conférences traitant de la question de la délimitation des territoires accordés par l'Etat aux Kayapos, on prend conscience de l'ampleur du travail qu'il reste encore a faire en matière des droits indigènes. Des anecdotes de son expérience de terrain nous permettent de pressentir la distance culturelle qu'il existe entre sociétés traditionnelles et sociétés modernes.
Notre discussion se poursuit dans un restaurant Toulousain en compagnie de son frère, Olivier de Robert, conteur Ariégeois, et de Serge Guiraud, photographe passionné de l'Amazonie.
Ils accueillent avec intérêt le projet Amérikastola, l'idée d'une soirée Contes Amazoniens se profile. Pascale transmettra à son frère une série de contes Kayapos qui les retravaillera afin de les présenter au public. Les sociétés Amazoniennes sont avant tout des sociétés orales dans lesquelles les mythes et légendes se transmettent de génération en génération grace au langage.
Olivier nous transporte dans l'univers de ces indiens, sa voix nous parle de la création du monde des kayapos, de leur conception de la nature, de leurs croyances.
La vision du monde des Kayapos est bien différente de la notre et, le temps d'une soirée, on n'oublie nos origines occidentales pour se plonger dans l'imaginaire de ces peuples.
La soirée, bien que n'ayant eu qu' un faible écho, a fait l'unanimité, le public a été enchanté.
C'est ce mot « enchanté » qui fait germer en nous l'idée d'une exposition sensitive avec des chants, des contes et des bruits de la foret. Une autre facon de parler d'une réalité lointaine en touchant le coeur des Hommes.
De son coté, le photographe Serge Guiraud accepte de nous offrir quatres de ces photos afin que nous les éditions en cartes postales dont les ventes viendront grossir les fonds de l'association.
Le choix des photos n'est pas évident mais chaque image raconte une histoire, dévoile un peu plus la culture de l'autre. Sa connaissance du terrain est immense et la lecture de son livre « « nous plonge un peu plus dans cette région mythique.
Chaque rencontre est riche en enseignements et fait évoluer le projet.
Sophie
4) INFOS SUR LES WARAOS JANVIER 2006
Les Waraos:
Peuple amerindien vivant principalement au Venezuela, présent aussi en Guyana, et marginalement au Surinam (estimation: 30 000 individus).
Interrogation quant à l'estimation: est-ce que le Venezuela réalise des recensements basés sur des critères ethniques?
Les waraos, « les gens du canot, de l'eau, de la pirogue », vivent dispersés sur le delta de l'Orénoque, univers humide de forêts, de mangroves et de palmeraies. Ils vivent sur pilotis, et pratiquent esentiellement la pêche, de la cueillette du palmier et de la culture du riz et du choux.
Les couples vivent chez les parents de la femme ( résidence matrilocale).
L'autorité politique est détenue par le kobenajoro, qui est également chamane.
La grande influence catholique dans ce secteur a presque réussi à étéindre les traditions chamaniques. Elle a en tous cas sédentarisé la plupart de ces groupes
Les waraos parlent warao, langue isolée.
Léo, le capitaine du Karrek Ven , nous a expliqué que Curiapo ( est de Barrancas, delta de l'Orénoque, proche de l'embouchure) est, avec deux missions plus perdues dans le delta, le seul endroit où l’on ait regroupé des Warao, sous prétexte de scolarisation et soins. Les gens y parlent donc warao.
D'après Léo ( qui y avait fait une expédition en 2000), l’enseignement y est en espagnol.
Le contact ancré depuis longtemps avec les missionnaires catholiques aurait abouti à l'assimilation presque totale de ce groupe: déni total de leur culture et croyances, honte, rejet.
Nous allons donc nous rendre à Curiapo, et tâcher de voir où en est l'enseignement. Est- ce que depuis Chavez un enseignement bilingue a été mis en place?
5) INFOS SUR LES PEMONS JANVIER 2006
Les Pemons
Peuple amérindien du Venezuela ( centre et sud est de l'état de Bolivar), et marginalement du Bresil et de la Guyana, occupant la périphérie du mont Roraima et les bassins des rios Caroni et Paragua, en région de savane arborée et de forêt tropicale humide ( Parc de Kanaima au Venezuela notamment) ( estimation: 20 400).
Trois sous groupes composent l'ethnie pemon: Kamarokoto, Arekuna et Taulipang ou Taurepan.
Ils pratiquent une agriculture de subsistance, complété par des activités de chasse. Les activités économiques de cette zone ( élévage extensif, orpaillage) dégradent leur environnement et perturbent leur mode de vie.
Le chamanisme qu'ils pratiquent a résisté à l'influence catholique, mais il en a aussi absorbé certains éléments.
Leur langue (trois langues donc du fait des trois sous groupes) appartient à la famille linguistique karib.
Léo, le capitaine du Karrek Ven, s'est rendu en 2000 à Campo Alegre, petit village pemon situé entre San Francisco et Santa Elena dans la Gran Sabana ( sud est du pays). Il y a rencontré un instituteur fier et accueillant, Belisario Somera Pena, qui leur a fait visiter l'école du village.Il y est dispensé un enseignement en espagnol ainsi qu'en langue pemon.
Nous allons nous rendre mi-février à Campo Alegre, ainsi qu'à Paraitepuy (autre contact), afin de rencontrer ces personnes et nous interroger sur la place de cette langue à l'école Et au delà de la langue, nous poserons la question de l'intégration e la culture « racine » à l'école. Est-elle adaptée à cela?
6) KARREK VEN 9 JANVIER AU 24 JANVIER
Durant ce laps de temps, l equipe d Amerikastola etait a bord du Karrek Ven, ancien thonier breton rehabilite en voilier associatif. Embarquer sur ce bateau fait plus partie d un projet personnel. Voici ce quil nous est arrive pendant notre sejoru a bord et quil est bon d expliquer a tout un chacun:
Karrek Ven, ou le nouvel Outreau? Une sale histoire intervient dans notre petit monde et perturbe les projets de navigation du Karrek...Leo, etant le principal accuse et voulant rester disponible aux yeux de la justice, decide que nous devons rester a quai, donc a Cumana. Il se trouve donc que toute “l affaire du Karek Ven” a commence par un article publie sur le Journal du Dimanche, et par deux reportages diffuses aux 20 h de TF1 et France2 les jours suivants ( pour plus d infos et pour pouvoir voir ces reportages: http://videos.tf1.fr/video/news/lesjt/. Reportages correspondants aux Karrek: le 17 janvier a 20h sur TF1, et le 18 janvier a 20 h pour France2 : http://jt.france2.fr/20h/ ). Tout est alle tres vite, cela semblait irreel depuis Cumana ou nous etions. Les reportages sont tres crus, surtout celui de France 2, et voila ce dont il s agirait ( hypothetique car presomption d innoncence, non??) : Leo, Leonid K., serait accuse de pedophilie sur des mineurs durant l epoque ou le Karrek etait un bateau ecole, cest a dire dans les annees 1994. Le jeune plaignant au visage caché , un certain Marc, travaillant daileurs pour TF1, raconte à l’antenne les horribles traitements qu’ont subis lui et tous les jeunes qui étaient à bord du Karrek Ven. Il parle d’attouchements, de masturbations collectives, de fellations et « même plus pour certains ».
Il s avere que ces reportages comportent de nombreuses erreurs comme les faits suivants:
- La procédure diligentée en 1994 aurait été réellement annulée par une erreur de procédure FAUX : elle s'est achevée début 1996 par une ORDONNANCE DE NON-LIEU rendue par un Juge d'Instruction adoptant la position du Procureur, après une année d'instruction.
- Le "vaisseau fantôme" fuit la justice dans les brumes des eaux internationales. FAUX : Il est aujourd'hui au mouillage dans le port de Cumana.
- Dire qu il y a eu des relations sexuelles entre adultes et adolescents à bord du bateau est le plus grave et le plus à même d’heurter le public.
- Les jeunes n avaient pas le droit de communiquer avec leur famille : FAUX : Non, nous n’étions pas isolés, coupés du monde et de nos familles. Les jeunes, nous pouvions, dès qu’on en avait envie, téléphoner à notre famille et lui écrire. On pouvait décider de repartir à tout moment, définitivement ou simplement pour passer un temps à la maison. Nos parents pouvaient venir à bord,le bateau recevait constamment des gens de tous les horizons : des plaisanciers, des radioamateurs, des scientifiques, les autorités locales, des journalistes, des visites scolaires ou de simples curieux intrigués par ce magnifique voilier et ce jeune équipage... Non, jamais le Karrek Ven n'a fonctionné en vase clos, s’isolant autour d’un quelconque « gourou ». (temoignage de Sebastian, voir pour plus dinfos, le site du Karrek Ven : www.karrekven.net)
Pour ma part, ce genre d accusation me semble facile etant donne le contexte original dans lequel evoluait le Karrek a lepoque, les soi disant victimes n auraient elles pas un interet a proferer de tels propos? Interet moral, economique, vengeance... Et surtout quel honte pour ces medias qui nhesitent pas a alourdir les propos en les modifiant ou carrement en les inventant! Bien sur, le passe est le passe et on ne pourra pas, nous, revenir en arriere pour verifier les faits.. Notre temoignage est celui du present, dans lequel tout est alle comme il fallait, sans aucun massage abusif ou propos decale!!! Cest dailleurs ce dont nous avons fait echo, Marion et moi, avec grande serenite, pour le reportage de l emission « Projets du Karrek et reflexions autour de la suite d Amerikastola :
Comme le veut la logique, ces rumeurs freinent les projets du Karrek : Leo doit etre disponible a tout moment et doit etre tenu au courant par ses avocats, amis en France.. D ou des choix a faire : Pour Nerea et moi, il etait deja etabli que nous quitterions le Karrek entre le 25 et le 30, si jamais l Orenoque ne se faisait pas..Donc, nous quittons bientot le bateau. Marie et Sophie veulent rester sur le bateau. Si l Orenoque ne se fait pas, elles pourront toujours enregistrer des sons en Dominique ou a Trinidad. Elles n ont pas encore decide, elles debarqueront peut etre.. L organisation en binome avait de toute facon deja ete envisagee. A ce jour, le Karrek devrait sengager pour remonter vers les Antilles.
Nous ne rejoindrons donc pas Leo et le Karrek sur l Orenoque. Au revoir Karrek et bon vent !! Nous n aurons pas eu le temps de consulter tous les livres de ton immense bibliotheque ethnologique, et depuiser toutes les conanissances de ton capitaine !
Audrey, Ciudad Bolivar, le 2 fevrier 2006
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander








































