Le souhaitez-vous ?
Lorsqu’on parle du mouvement des Ikastolas au Pays Basque et d’un enseignement de qualité en langue basque, les mêmes interrogations surgissent sans cesse ( avec la directrice de l’école d’ Awala, de Antécume Pata, avec André Cognat, avec le directeur de l’école de Talwenn, les professeurs de Camopi..) : « Et la langue espagnole/française ? Est-ce que les enfants maîtrisent les deux langues ? » En nous voyant et en expliquant nos expériences mutuelles, ils sont bien obligés de constater la réalité suivante : le système mis en place par les ikastolas (immersion) permet et amène à un bilinguisme équilibré et harmonieux. Mais à quel public s’adresse ce système : à des enfants bascophones (baignant donc dans un environnement essentiellement bascophone) ou à des enfants souhaitant apprendre le basque ? Nous leur expliquons donc que ce système était destiné à la base à des enfants bascophones mais qu’aujourd’hui il fonctionne aussi bien pour des enfants qui ne parlent pas basque à la maison. Le résultat est le même (le système immersif souhaite cela du moins) : avoir des jeunes parfaitement bilingues.
Il est clair dans nos têtes que le modèle appliqué au Pays Basque est nullement superposable en Guyane Française surtout du fait que la situation et l’environnement linguistique sont très différents. C’est d’ailleurs ce que nous a souligné Evelyne Périgny, directrice d’Awala Yalimapo: “ Alors qu’au Pays Basque vous êtes face à une situation de bilinguisme bien définie (basque/espagnol ou basque/français); ici, en Guyane Française, c’est beaucoup plus complexe: vous avez les différents groupes amérindiens, les Noirs-Marrons, les chinois, les Hmongs, les Surinamais, les Brésiliens, les Haîtiens.. et chaque groupe avec sa propre langue maternelle. De plus, comment maîtriser ou devenir bilingue français avec seulement une heure de français par jour en classe lorsqu’ à la maison, dans le village on n’utilise que la langue maternelle autochtone? Comment y arriver avec si peu d’heures dans un contexte où le français est tres peu présent?” Si le but est le bilinguisme, on peut comprendre que ce soit difficile.
Il est vrai qu’au Pays Basque on a sans arrêt accés à la langue étrangère, qu’elle soit espagnole ou française, et la langue n’est de fait pas si étrangère que cela à l’enfant. Lorsqu’il commence à l’apprendre (7-8 ans), il la déjà entendue et en connaît donc déjà quelques rudiments. Ce cas est vrai dans le cas où l’enfant est dans un environnement bascophone. Et dans le cas où l’ enfant pratique la langue étrangère à la maison, le système immersif, précoce, lui permet d’acquérir sans problème la langue autochtone, en l’occurrence le basque. Voilà comment dans les deux cas l’enfant devient parfaitement bilingue. Chose vérifiée aujourdh’ui avec le boom de l’émigration et ces enfants étrangers qui s’inscrivent dans les ikastolas, et qui très vite acquièrent la langue basque bien qu’ils soient en contact avec encore une autre langue ( par exemple, le roumain/espagnol/basque). Dans ce cas, si l’enfant est depuis tout petit dans ce système, il arrive à maîtriser sa langue maternelle, les deux langues présentes au Pays Basque (le basque et le français/espagnol) ainsi qu’une ou deux langues étrangères (anglais et espagnol/français). Un enfant peut donc sans problème apprendre 5 langues.
Dans le cas de la Guyane Française, et surtout dans certaines zones comme celle du fleuve ( Maroni ou Oyapoque), il est vrai que le français n’est pas la langue parlée quotidiennement. Il paraît donc difficile qu’ils l’acquièrent sans l’apprendre pleinement à l’école et de toute façon, dans ce contexte bien particulier le bilinguisme ne serait pas pratiqué d’office quotidiennement (pour eux le français est la langue de l’extérieur, de l’école, de l’administration, du travail en dehors du village).
Il y a par contre plusieurs groupes qui eux se trouvent en contact régulier avec la langue française, en l’occurrence ceux du littoral comme les Kali’na, les Lokono ou les Palikweneh. Dans leur cas devenir de parfaits bilingues ne pose a priori pas de problèmes. Suivre une scolarité dans la langue autochtone (en ayant la langue française comme langue seconde ou étrangère) et devenir bilingue ne sont pas contradictoires. Il est clair que ce n’est pas l’Etat qui encouragera ce genre d’initiative, c’est donc aux parents, au peuple de réagir et de se prendre en main pour impulser ce genre d’éducation. La question est donc: le souhaitez vous?
Et quelle langue utiliser à l’école lorsque plusieurs langues sont présentes sur un même territoire ( par exemple sur le fleuve Oyapoque, lorsqu’on a les langues teko, wayapi et bresilien)? Celle de la majorité? “ A chaque groupe, sa propre langue maternelle” aurions nous tendance à dire. Mais quelle place pour une langue qui n’est pas totalement liée à un territoire? Le problème de la terre est crucial chez les Amerindiens.
Il faut avec force faire face à celui qui a le pouvoir, en l’occurrence l’Etat français. L’union faisant la force c’est celle ci qui doit payer dans la résistance amérindienne. On nous évoque des problèmes internes de communication, mais à l’ère des pyrogues à moteur, de la radio, du téléphone et d’Internet, cela ne semble pas insurmontable. Et quand bien même, les pagaies, les appels de fumée, le cor et la txalaparta ( instrument de musique traditionnel servant autrefois à la communication ) seront toujours là pour ceux qui ent ont besoin! Alors, le souhaitez-vous?
Nerea Leturia Nabaroa traduit par Audrey Hoc le 2 Mai à Camopi.
A vous de jouer………si vous le souhaitez!!!
Il est vrai que nous avons en Guyane Francaise des situations bien differentes selon le lieu, la langue pratiquee.
Deux exemples concrets, tres differents, ou des strategies educatives immersives lancees par des associations pourraient etre envisagees:
Awala Yalimapo, commune kali na
A Awala Yalimapo la langue kali na est parlee de facon reguliere et par toutes les generations, meme si bien sur la tendance est a la baisse chez les jeunes. La communes est autonome et geree par les kali na eux memes. La commune est situee sur le littoral et de fait, la langue francaise est presente au quotidien. Il y a a Awala Yalimapo une solide equipe d adultes formes et competents bilingues en kali na francais.
Balate, terre Lokono
Les Lokono de Balate ne parlent presque plus leur langue, tres peu sont ceux qui maitrisent la langue lokono, et encore moins les enfants. Balate est en contact permanent avec la langue francaise.
Les deux exemples sont tres differents et cela semble tres difficile d envisager une ecole de ce type a Balate. Or il faut rappeler que l immersion permet a nimporte quel enfant d acquerir n importe quelle langue lorsque celui ci est tres jeune. Alors pourquoi pas envisager une immersion en langue lokono?
Antecume Pata, terre wayana
La situation est autre sur le fleuve. Ainsi, a Antecume Pata, la population parle wayana et tres peu le francais. Celui ci nest presque pas present hormi a la television ou en cd, ou a Maripasoula, a 4h en aval….
La bas, la langue autochtone doit etre un levier afin de maitriser la langue francaise, inconnue aux enfants. Un CP en langue autochtone va de soi et parait de fait totalement approprie pour que lenfant acquiert la lecture ainsi que lecrit. Passer ensuite au francais est tres facile, il ne sagit que de voyelles ou consonnes supplementaires…. A discuter ensuite de la place des cours en langue autochtone dans ce contexte bien particulier..
Ces schemas immersifs sont envisageables qu il s agisse de renforcement, de revitalisation ou d education propre adaptee a des enfants ne parlant que leur langue maternelle autochtone. Bien sur ce type d education n est pas forcement compatible avec les volontes de l etat , mais pourquoi attendre? Des associations peuvent gerer ce genre de projets, des associations montees par les personnes desireuses de ces alternatives et potentiellement aidees par l exterieur. Alors, a vous de jouer….si vous le souhaitez!
Audrey, le 30 avril 2006 a Camopi
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11/01/2007: Anglet. Poursuite de la diffusion de l'exposition et documentaire Amerikastola dans tout le Pays Basque. Prochaine session le 13 Janvier à la Médiathèque de Biarritz à 15h. Réflexion sur projets futurs: Amérique du Nord et Tibet...Départ prévu en avril 2007.
25/09/2006: Perigueux. Preparation du documentaire Amerikastola ( 50 % de prêt) et planning des expositions en cours ( voir catégorie Expositions) . Mise a jour des photos et textes en cours egalement. Premiere expo: Ustaritz le 16 Octobre à la bibliotheque et projection debat du documentaire le 27 Octobre à 21h.
31/07/2006: Madrid. Fin d' Amerikastola: retour de Lima vers l 'Europe et le Pays Basque.
23/07/2006: Cuzco. La traversee des Andes Centrales nous a permis de connaitre quelques centres importants tels que Huancayo et Ayacucho ansi que l interessante mais froide Huancavelica. La population y parle majoritairement quechua. Depuis deux jours, nous sommes a Cuzco, la capitale inca fortement "gringisee". Demain, direction Aguas calientes pour gravir le Macchu Picchu a l aube le lendemain.
13/07/2006: Satipo. Apres avoir passe deux jours a Lima, nous avons pris un bus afin de rejoindre Satipo, dans la jungle centrale: trajet spectaculaire avec monts glaces puis descente vertigineuse vers la jungle pleine de relief. Rencontres et discussions dans deux ecoles de deux communautes Ashanincas: Gloriabamba puis San Juan de Panama. Demain route vers Huancayo, a 3500 m.
07/07/2006: Trujillo. Nous poursuivons nos decouvertes des cultures regionales pre incas: Moche a Chiclayo (Sipan), capitale du sourire et de l amitie; puis Chimu (Chan Chan)a Trujillo. Dimanche 9 nous serons a Lima pour rejoindre la selva de Satipo.
01/07/2006: Cajamarca. Nous sommes depuis plus d une semaine sur les hauts plateaux du Nord, a la decouverte de la culture et de l histoire du peuple Chachapoyas, pre inca. Nous avons visite plusieurs sites archeologiques aux alentours de Chachapoyas (Amazonas) et Leymebamba. Depuis notre derniere rencontre avec les quechuas de Lamas, nous sommes en "vacances" jusqua notre prochaine rencontre a Satipo, selva centrale, avec les Ashanincas autour du 10 juillet.
19/06/2006: En direct de Tarapoto (San Martin). Apres Iquitos, nous avons rejoint Puccalpa (Ucayali) et la communaute Shipibo de San Francisco. Entretiens sur le systeme scolaire sur place et sur le fonctionnement de l Institut pedagogique de Yarinacocha qui forme les maitres bilingues. Depuis peu a Tarapoto, nous allons a Lamas demain, village quechua.
13/06/2006: Nous sommes a Iquitos (Loreto, Perou) depuis quelques jours. Decouverte de la ville et du Formabiap: centre de formation pour les jeunes autochtones afin qu ils deviennent professeurs dans leurs communautes. Amagoia nous a rejoint le 11 Juin, nous voici donc a trois pour quelques semaines! Depart prevu pour Pucallpa jeudi a l aube.
07/06/2006: Joyeux anniversaire Nerea! Nous sommes a Leticia , Colombie depuis le 1er juin. atmosphere particuliere et jungle intense. Rencontres avec des Witoto ainsi qu avec les Tikunas du projet OGPTB de Benjamin Constant (Bresil). Nous avons passe du temps avec les etudiants de lUniversite Centrale de Leticia. Merci a Esti, la basque de Durango! Depart pour Iquitos demain a l aube.
29/05/2006: Semaine intense a Boa Vista: retrouvailles avec nos amis profs et rencontres avec professeurs wapichana. Nous avons egalement pris connaissance du projet de l ONG CCPY qui travaille avec les Yanomami. Discussions avec les principaux coordinateurs ainsi qu avec leaders et profs Yanomami. Article sur la CCPY a suivre. Le 1er juin nous nous envolerons pour la triple frontiere Colombie-Perou-Bresil.
22/05/2006: Nous sommes a Manaus, chez des amis. Nous avons rencontre hier des Tikunas vivant dans le barrio cidade de Deus qui nous ont explique leur projet d ecole paralelle, peu suivi par les autorites et associations comme la FUNAI car ce sont des autochtones vivant en ville.. Demain route pour Boa Vista..
15/05/2006: Rendez vous manque a Macapa avec l equipe du NEI (cela fait trois ans quils ne sont plus la...), nous quittons Santarem aujourdhui pour deux nouveaux jours de bateau hamac. Le 17 nous serons a Manaus.
08/05/2006: Apres 6 jours passes a Camopi a discuter avec les responsables de l ecole ainsi que des mediateurs bilingues Teko et Wayampi,nous avons quitte la Guyane Francaise le 5. Nous sommes actuellement a Macapa,dans lAmapa. Nous embarquerons dans quelques jours pour Santarem, 2 joursde bateau -hamac.
28/04/2006: Nous sommes sur Cayenne chez des amis. Equipées d' un nouvel ordinateur, nous tachons de rattraper notre retard.. Nous poursuivons les reflexions avec formateurs IUFM, professeurs, journalistes, médiateurs bilingues. Dimanche nous irons sur Camopi avec Daniel François ,instituteur kali'na travaillant à Camopi.
20/04/2006: Apres notre fabuleux sejour sur le fleuve a Antecume Pata ( Merci Aynaman, Atayumalae et toute la petite famille!!), nous avons assiste hier a la Journee de l amerindien a Oiapoque, au Bresil, en compagnie de la delegation kali na d Awala Yalimapo.
07/04/2006: Suite à Kourou et après une petite semaine intense à Awala Yalimapo (extreme ouest du pays, pres du Surinam) avec les kali'na, nous partons demain pour 8 jours chez Atayumalae, Wayana d' Antecum Pata, petit village qui se trouve en zone reglementée au sud de Maripasoula.
23/03/2006: Nous sommes arrivees en Guyane Française. Kourou. Premieres decouvertes et impressions sur cette enclave europeenne, francaise au sein de l Amerique du Sud. Premieres rencontres a prevoir sur Kourou, au village amerindien et avec Oka Mag.
15/03/2006: Bresil, Fortaleza ( de Boa Vista nous avions rejoint Manaus, puis Belem et Fortaleza par avion). Nous sommes chez Miren Uribe, basque vivant ici depuis 15 ans. Rencontres avec les Pitaguarys, autochtones du Ceara. Ce groupe vivant au littoral a perdu sa langue, le tupi, depuis plus de 200 ans. Article sur Amerikastola a paraitre dans El Povo, journal bresilien.
06/03/2006: Bresil. Universite Federale de Roraima, Boa Vista. Rencontres intenses avec professeurs autochtones macuxi, wapichana; professeurs d histoire impliques dans la cause autochtone. Autorisation en cours a la FUNAI pour pouvoir rester quelques jours dans une communaute au mois de juin. Emission radio enregistree: Monte Roraima 107.4 FM
26/02/2006: Journees rencontres de la jeune femme Autochtone a Santa Elena. Nous rentrons du trek du tepuy de Roraima ( 5 jours). Plus que quelques jours dans la Gran Sabana, apres direction Boa Vista, Bresil.
18/02/2006: Nous sommes a Santa Elena, Gran Sabana, a 15 km de la frontiere bresilienne. Rencontre avec le professeurs de l ecole de la communaute pemon de Mana Kru, ainsi qu qvec le capitan de la communaute. Projets envisages: se rendre a San Francisco et environs et trek du tepuy de Roraima.
13/02/2006: Sejour de quelques jours a Ciudad Guayana, Puerto Ordaz, chez la famille Villarroel. Nous sommes parties quelques jours dans le Delta de l Orenoque, Tucupita et Curiapo, petit village warao sur pilotis, a 7 heures de lancha de la plus proche ville. Experience interessante.
03/02/2006: Nous avons passe quelques jours a Ciudad Bolivar ou nous avons visite l ecole dune communaute pemon. Demain, route vers Ciudad Guayana. Notre materiel est en partie endomage, donc il nous faudra plus de temps pour ecrire les articles.
27/01/2006: Amerikastola a quitte le bateau ( pour eventuellement le retrouver sur l Orenoque) pour se rendre au Forum Social Mondial de Caracas. Forum jusqu au 29, puis route vers Ciudad Bolivar...
17/01/2006: L equipe d Amerikastola est au complet. Retour a la marina de Cumana apres une escapade a Laguna Grande
09/01/2006: Bien arrivees a Caracas!! Nous sommes montees a bord du Karrek Ven aujourdhui a Cumana. Quelques changements a prevoir au programme: Orenoque revisable pour la Gran Sabana par voie de terre.
.14/12/2005: Le départ approche! petit changement: 4 Janvier 2006 décollage pour Caracas.
15/11/2005: Joyeux anniversaire Sophie! en cadeau, l'obtention de la Bourse Défi Jeunes!
26/10/2005: Départ d'Amerikastola le 28 Décembre 2005: réservation du vol Paris-Caracas. Merci à Afat voyages et Air France!
08 et 9/10/2005: Rencontres au Salon du livre du Mans: spécial Amazonie.
01/10/2005: Amerikastola à la fête des langues du Festval de Bayonne Nord.
12/ 09/2005: Création du blog Amerikastola
23/O7/2005 : Soirée contes amazoniens organisée au profit de l'association à la salle des fêtes de Verniolle (Ariège)
03/ 07/2005: Présence d'Amerikastola au village solidaire du festival EHZ se déroulant à Mendy (64).
25/05/2005 : Début de la collecte de fonds...
09/05/2005 : Création de l'association Traits d'Union
02/05/2005: Naissance du projet amerikastola
Les photos d Amerikastola sont sur le site suivant:
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